Archive mensuelle pour novembre 2008.

jeteeParfois j’arrive dans une contrée que je trouve engageante, belle à vivre. Je me dis: et si je m’y fixais ? Ça a l’air pas mal, tranquille, peace and love. Ça chante en toute latitude. C’est pour moi ça, sûr et certain.
Mais aussitôt, quelque chose bat en retraite en moi, regimbe. Non, non, ce ne sera pas encore pour moi. Mais pour où alors ?

Le phénomène de rejet s’opère même quand je regagne mon chez-moi. Bien sûr, je suis content de retrouver mon intérieur et quelques objets auxquels je crois tenir ; pourtant je m’y sens confusément étranger. Étranger dans ma maison ! Une sensation de précarité, d’insatisfaction. À la longue, à force, j’ai fini par comprendre qu’il n’existe pas de lieu sur la terre où je pourrais m’ancrer pour de bon. Peut-être se trouve t-il sur une autre planète ? Faudrait y aller voir. Mais je sais bien que je serai marron.

La vérité, c’est que l’humain est trop «de passage» pour pouvoir «s’installer vraiment». Quand tu l’as compris, que c’est sans solution réelle de continuité, qu’il est seulement question de «moment», qu’as-tu à faire d’une «villa les Lilas» ? D’un lopin de terre, de rond à béton et de piles de parpaing ? D’une maison «les pieds dans l’eau » ?
Lorsque tu es parfaitement conscient de cette réalité, tu acceptes de passer, de passer simplement, en rasant presque les murs.
Ma seule maison c’est la vie. Mes résidences secondaires, ses trémolos en tous genre. Enfin, du genre «moins de stress possible». Ni temps passé ni les amours reviennent ; ce qui est vécu n’est plus à vivre. J’habite des coins de paix, de bourgs où les prises de têtes sont aux abonnés absents. C’est un peu précaire, mais je m’en accommode. Je repose mon cœur, je tire ma crampe. Et puis je marche ; la terre étant ronde, je reviens fatalement à mon point de départ. Un beau souvenir fleurit, une grosse déception dépérit. En chemins, je trouve des couleurs, des fleurs, des oiseaux, des étés indiens et d’autres moins indiens, un point G, des raccourcis sympas ; faut pas se plaindre. Et puis, se plaindre à qui ?
Ben, tu vois, j’ai peut-être dans le regard cette résignation désenchantée que tu devrais apercevoir. Je vais te dire, l’existence, faut se la compliquer le moins possible. L’enfourcher, pédaler en douce, à son rythme et voir venir. Cheminer, l’âme sereine.

N.

a73.jpgIl fallait bien que ça se termine un jour, non ? Alors, maintenant ou plus tard, ici ou ailleurs, quelle importance, hein ?
De toute manière, dans un siècle je n’aurai plus été là. On a lutté tous. Ah, ça on a lutté mon gars. À battre le pavé, à raser les murs la nuit, guettant les moindres phares de ces voitures qui te donnent des sueurs froides. Aie, en se trimballant avec de la doc suspecte ; atteinte à la sûreté de l’État qu’ils disent ces incompétents, très compétents dans la bastonnade à dix contre un seul bougre. Comme d’habitude, ils sont lâches.
Ah, la lutte, yes. On a même fait semblant d’y croire parfois à des sottises. On a joué le jeu tant qu’on a pu, en bons petits bourges qui croyaient encore à des lueurs, des scintillements à l’horizon lointain, si lointain, purée. Notre Amérique qu’on disait en raillant un peu Jacques Brel qui chantait son Jeff à ramasser à la cuillère. On s’est bien battus, contre les autres, contre les archaïques qui veulent nous renvoyer à l’âge de pierre, contre soi-même, contre la nature, contre la pluie, contre la nuit, contre l’aube, contre les arbres, contre des idées, contre des amis. On se disait que le chardonneret avait besoin de calme pour chanter sa liberté séquestrée. Oui, mais il fallait pas mélanger des fois…
On a essayé de jouir comme des dieux. De rire un peu, du bout des dents, du bout de la rate. D’aimer. Ça oui, d’aimer…. Histoire de cristalliser l’infini.
Très bien, là, c’est râpé mon gus ; réglé, scié, pas de regrets. Maintenant, fermes les yeux, chasses les cours-métrages qui se ruent pour la curée finale, veulent te dévaster l’âme avant ton néant, te voir cramer, charogne de corps et d’esprit.
Voilà, rideau et enjoy mon vieux, vas vers cet horizon, enfin celui-là, au coin de la rue, tu vois. Tu vois? C’est ton Amérique.

N.

ombre1Et cet oiseau a beau clamer sa douleur aux cieux, aucun autre chant n’est venu apaiser ses tourments, son cri: ô vie injuste!! Il avait beau chercher ces ailes qui lui auraient donné un souffle de vie sereine, ne serait-ce que l’espace de quelques secondes juste le temps de vérifier que l’heure est à la continuité: rien, nothing, nada, walou.
Ce n’était pas simple. Tout n’était plus simple. Il voulait simplement venir pour revoir sa smala, son groupe, les escaliers des amoureux, la villa de jasmin en contrebas du quartier, l’échoppe du vieux qui avait fait Cayenne, l’horloge florale, les rescapés-es qui sont restés-es, ses restaus fétiches, le menteur du café, les bus qui parvenaient difficilement à escalader la côte du virage, la statuette du parc où il vécu son adolescence et tenu longuement la main de sa dulcinée qui devait partir le lendemain pour un pays lointain. Le lendemain, oui…
Il voulait simplement regarder de nouveau la ville vibrer autrement, cette ville écarlate qui l’avait assourdi de ses bruits incessants, inutiles mais qu’il acceptait toujours en dégustant une autre assiette de sardines arrosées de vinaigre. Ce goût de la méditerranée à nul autre pareil.

Le temps n’a pas repris son trône. Il avait brusquement perdu ses chants, au détour d’un fracas de tôle écrasée contre des rochers stoïques. Dedans, un être, normal, poète, sourire en biais qui revenait pour quelques jours de son lointain autre pays. Un transit. Désormais, il n y a plus que Le silence de ses mains qui parlent pour ne rien dire.
Exit les retrouvailles après vingt années de séparation, l’un quelque part, et l’autre dans un autre quelque part. Plus de retrouvailles dans leur premier quelque part intense, de ces clameurs qui sentent le jasmin et la terre rouge. De ces clameurs-complices qui doivent tout à un tout.

« Le ciel est par-dessus le toit
Si bleu, si calme… »

Tu peux clamer ce que tu veux, chardonneret. C’est le moment.

N.

indig_nJamais auparavant il n’avait ressenti un tel apaisement, une telle sérénité. Étrange bien être. Il se laissait aller, oublieux de tout. Enfin, presque. L’effort est palpable. Oublier que là bas, dans le nord, il lui était interdit d’y vivre. Les artistes comme lui n’ont plus la latitude de respirer.

Il est apaisé. Dressant son ihen, sa tente, à Aguennar, chez ses frères touaregs qui recèlent dans leurs yeux des couleurs en sus du bleu dont les autres, ceux qui les voient avec un regard exotique, les parent. Non, plus jamais le nord, la ville, le bruit infernal, la pollution, les hypocrites, les assassins, les voleurs. Non, khlas la ville, fini le nord. Au diable leur pseudo modernité du m’as-tu vu, je-roule-en-honda-accord, viens, regardes ; attends, et tu vois la maison R+3, hein ? Je l’achève bientôt. Que veux-tu, les maçons sont des fainéants, wallah : tu leur donne un doigt, il te prennent le bras ! Quoi ? Le lot du terrain ? Ah, ben tu sais j’ai des épaules moi, ne crois pas, j’ai fait manger et je mange, c’est le système qui demande ça…

Pfff, le système qui demande ça…Au diable ! Tous pareils. Le nord leur a fait perdre tous les sens…Non, plus jamais le nord, promis, juré. Trop de gens, trop de millions de machos, moustachus, barbus, imberbes, agressifs, imbus, arrogants, regards assassins. Trop, bezzaf. Ça se multiplie qu’on dirait une fabrique de boites de sardines à l’huile. Étouffant ; de l’air, de l’air. Et puis, ras-le-bol des arrivistes qui te détruisent une ville en un clin d’œil, pires que des piranhas. Et plus rien ne subsiste de leur occupation manu militari, pas le moindre alizé, rien. Qui a donc écrit quelque part que la ville se «rurbanisait» ? Oublié son nom. Eh, bien il était loin du compte le gus : elle n’arrive même plus à se rurbaniser, la ville. Néant. C’est le néant, aussi béant que les trous habituels dans les trottoirs à la moindre petite pluie. Ras le bol du béton, des R+2, R+ 3 et du parpaing. Ah, le parpaing ! Horreur de ce matériau monstrueux, inqualifiable, hideux, gris. Le parpaing résume bien la situation, tiens. C’est laid, c’est…c’est laid, voilà.
L’architecture ? L’urbanisme ? Tu parles tonton, ils n’y connaissent que dalle. Vas donc leur causer des almohades, des almoravides qui ont bâti des merveilles. Vas leur dire, leur raconter Ghardaia, Timimoun, Kenadsa, Taghit…Ils vont te prendre pour un demeuré, un cave, un moins que rien.

Ras-le-bol de tout, de tous. De ces fantômes qui font semblant de vivoter lorsque ce froufroutement n’est que grosse farce qu’ils n’osent pas se l’avouer. Zaâma la fierté. C’est ça, causes toujours de ta fierté, ton nif. Oui, des fantômes déracinés, hagards, manipulés et fiers de l’être. Et certains, fiers de l’être parce qu’ils peuvent ôter la vie à autrui, comme ça, juste pour le plaisir d’ôter une vie. Le pouvoir de le faire. Des lâches illuminés.
Marre de la ville détritus, enfumée, gonflée de gravats, de crachats, de puanteur, de quincaille, de…la liste est longue, allez.

Il est debout, serein, sourire lointain. À quelques mètres de son ihen, sa tente. Devant son chevalet sur lequel se dresse une toile qu’il avait préparée hier matin. Il y a déjà des formes, des couleurs. Il veille au portail des couleurs et entrevoit l’empire de ses images. Des questions, mille questions, des formes, mille formes…Les «gens de la peau» ne sont pas loin ; Ils les voyait bien. Kel Arikin, Adjouh, N’tehelé, kel Djanet, Ihaggaren, Kel Oullé, Imrad, des groupes, des humains qui célèbrent chaque soleil leur soif d’être libres comme l’air et le ciel. Ils veulent juste qu’on les laisse en paix. Le parpaing ne les intéresse pas.

Il écoute. Il s’écoute. Il peint à présent à des vibrations qui le mettent presque en émoi. Où est le bleu indigo ? Il semble désemparé. Ses couleurs s’embrasent, à coups de pinceaux rageurs et de souffle coupés. L’exigence est violente. Intransigeance sous les lumières d’un soleil olympien.
Le rouge sonne tel le rouge barbaresque de ces hordes d’illuminés qui ont réinventé la mort. En semant la mort, lâchement. Espèces de lâches :

-  Sale gosse, lâche, traître. Toi et tes pairs, vous êtes les pantins d’une sordide histoire d’intérêts. Tu tues comme ça, juste pour tuer, facilement, derrière le dos, lâchement…tu tues des gens que tu ne connais même pas. Il y a des enfants qui ne reverront jamais leur père, des mères qui ne reverront jamais leurs enfants. Parce que des lâches comme toi sont passés par là. Pauvre loque, pauvre tueur. Tfouu !

Le tueur n’en a cure : sur son front, un bandeau «El Mout», la mort :
- Écoutes toi, tu n’es pas dans ma tête, tu ne peux pas savoir ce qui se passe dans ma tête. Ce n’est pas toi qui viendras faire de l’ordre là dedans. Personne ne peut…

Le rouge sonne encore tel le rouge barbaresque, sang ruisselant, rouge d’étendards qui claquent au vent. Rouge comme le sacrifice des chefs du soulèvement des Kel Adrar contre les français. Alla est afaghis. Il s’attaqua aux goumiers et aux autorités qu’il harcelait sans cesse…
Traînée rageuse sur la toile d’un pigment jaune. Jaune comme le traître qui avait donné Alla tombé dans une embuscade meurtrière pas loin de Tawendert. Alla le poète dont la tête fut exposée aux populations de Bughessa et de Kidal : attention, voici le sort des récalcitrants!

- Tu sais bien que ça ne finira pas comme ça, aussi facilement.

- Pourquoi tu dis ça. La pénétration française dans l’Ahaggar et la défaite du Tit qui ébranla les Kel Ahaggar furent réalisées avec le concours de quelques tribus chaâmba, ennemis jurés des touaregs.

- C’est vrai, je le concède. Tout aussi vrai qu’à Adrar des ifoghas, cela s’est fait avec le concours des Kounta qui se disent profondément religieux mais n’ont pas hésité à vendre du touareg aux colonisateurs. Est-ce voué juste aux trahisons ces contrées et celles au nord?

- Je ne sais pas, je ne sais plus…

Il est toujours là, moins serein que tout à l’heure. Qui sait ce qu’ont enduré ses frères touaregs, trahis, agressés, délaissés, depuis un siècle. Que dis-je : des siècles. Il suspend le mouvement de son bras. Quelle heure il est ? Il sourit : l’heure, l’horaire, bêta, va ! Il a le soleil. Tout ce soleil pour lui seul. Encore du bleu indigo ici, sur cette forme en extension…Il pensa au dernier amenokal, le souverain, des Kel Ahaggar, Bay Ag Akhamuk qui avait refusé la thèse de l’État saharien lancé par le général De Gaule. Un État qui devait servir de zone tampon entre les pays de l’Afrique du nord et ceux du Sahel. Aurait-il la même attitude aujourd’hui ? Il avait du même revers mis fin aux idées autonomistes de Mohamed Ali Ag Attaher.
Il eut une pensée pour Nicolas de Staël, cet artiste peintre qui mit fin à ces jours et qui disait souvent : «On ne part pas de rien. Quand il n’y a pas la nature avant, le tableau est toujours mauvais.» Et d’aucuns qui font semblant de comprendre la peinture viennent entonner à tes oreilles : C’est de l’abstrait, ça ? Oui, c’est de l’abstrait, trop abstrait pour toi; c’est de l’abstraction de toutes vos bêtises travesties !
Faut-il dès lors travestir l’Adrar, cette immensité ? Immensité qui crie à la trahison :

- On nous a eu, respectable Mohamed Ali Ag Attaher. Les autres chefs auraient dû te suivre dans ton idée d’autonomie…

- Il ne faut pas leur en vouloir. Leurs cerveaux n’étaient pas des calculatrices. Cette terre, nous en connaissons la valeur. Les autres sont venus semer en nous la discorde et la haine. Nous sommes plus que jamais confrontés à un environnement hostile qui nous empêche, ne serait-ce que de se retrouver entre nous, les Kel Adrar, les Kel Ajjer, les Kel Ahaggar, pour discuter de notre volonté d’exister…

- Arriverons-nous un jour à rejoindre nos rêves ?

- Patience fils, patience. Nous sommes encore debout et nos ancêtres nous contemplent. Tous les rêves nous sont permis. À aucun moment cela n’a cessé. À aucun moment la sérénité ne s’est éloignée de nous. Demain, après-demain, plus tard, nous serons de nouveau libres.

Il esquissa un léger sourire. La liberté ? Ah, la liberté que des archaïques veulent effacer comme ça, d’un coup de sabre, de quelques rafales de kalachnikov ou d’une tonne de mensonges.
Sur la toile, surgissent, aux contours encore imprécis, des hommes juchés sur des dromadaires.

(…) Le 12 mai, à Durayat, près de Bughessa, accrochage entre les troupes maliennes équipées de blindés soviétiques et un groupe de touaregs comprenant entre autre Elladi Ag Alla, Mohammed Ag Imnagh, Azizen, Bibi, Awssa et Aku. Les touaregs récupèrent un lot d’armes individuelles et une quarantaine de dromadaires. Il y a de nombreuses victimes.
Le 17 juillet, Elaldi Ag Alla, Najem Ould Sidi, Tebiga, Azizen, Issuf, Bibi et leurs compagnons attaquent le dépôt d’armes du poste militaire de Tessalit. Ils emportent en outre une vingtaine de dromadaires et des troupeaux de caprins que les militaires avaient confisqué à leurs propriétaires.
Le 22, à Tin Tignutin, un groupe de quarante guerriers touaregs dont Si Alamin, Bibi, In Ekkatuf, Tebiga, Osman, Etteyub, Lekhwan et Bechar affronte un convoi militaire. Ce jour-là, les chars passent sur le corps de deux guerriers.
Le 10 septembre, Silla est pris et brûlé vif. Elladi Ag Alla est capturé quelques semaines plus tard. El Hassan Ag Antessar est fusillé à Kidal (…)

Un frémissement le parcourut. Seul, sous le ciel blanc, ses yeux s’émancipent. Peindre jusqu’à la pointe de l’œil. Jusqu’aux cavaliers Garamantes, jusqu’aux Atlantes. Furieusement, gestes brusques comme en état d’urgence.
Le bleu indigo. Voilà. Le bleu indigo qui annonce le retour :
- Elle reviendra régner sur cette terre noble. Elle reviendra reprendre les rênes du commandement. Tremblez, Tin-Hinan est sur le chemin du retour :

Tombe, tombe
Grosse pluie
Grosse goutte.
Écrase.
Ne laisse rien de ces ruines.
Elles sont solides.
Elles ne veulent pas mourir.
Mais personne ne veut mourir.
Et chacun agonise.
Agonise.
Tombe, tombe.
Acharne-toi
Grosse pluie.
Grosse goutte.
Que tes ruisseaux emportent loin toutes
Ces ordures
Loin
Jusqu’à la mer.
Qu’elles s’y perdent.
Qu’elles s’y noient
Pour toujours y disparaissent.

Sa main se fait plus précise. De son pinceau dégoulinent des perles de bleu indigo. Le bleu qui remet de l’ordre dans le chaos. Il est presque apaisé. Jamais auparavant il n’avait ressenti un tel apaisement. Une telle solitude. Étrange bien être.

Tiens, c’est l’heure du flash d’information. Radio du nord.
(…) assassiné ce matin aux environs de 9h près de son domicile par un groupe armé qui lui a tiré trois balles dans la tête…
Pour terminer, cette information qui vient de nous parvenir : selon la direction du musée Bardo à Alger, le squelette de la reine Tin-Hinan a disparu depuis quelques jours. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cette étrange disparition. (…)

N., 1997

Khlas : Fini.
Zaâma : Soi-disant.
Nif : Fierté.
Bezzaf : beaucoup, c’est trop.
Almohades, Almoravides : dynasties musulmanes en Afrique du Nord.

Ce texte fait parti d’une série thématique autour du Sahara parue dans une revue littéraire italienne en langue française en 1997.

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