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Andrea Camilleri est un metteur en scène et écrivain italien. C’est de cette dernière activité qu’il est question ici. J’ai découvert Camilleri en prenant un jour par hasard l’un de ses romans à la bibliothèque de mon quartier. Dès l’entame, je me suis englué dans son univers et sa prose ô combien savoureuse. Andrea Camilleri écrit en italien mais en le malaxant avec le sicilien donnant libre court à une langue mise à jour par les entrelacements des idiomes du sud et de l’italien dit moderne.C’est comme si un écrivain nord-africain se met à rédiger en français mais avec une ambiance daridja, langue populaire par exellence. Laquelle daridja a été superbement mise en scène par le grand Dahmane El-Harrachi *. Je conseille souvent à ceux et celles qui veulent apprendre mieux la langue populaire de l’écouter.
Tiens, Aziz Chouaki a peut-être lu Andrea Camilleri.”L’Étoile d’Alger” peut bien se transposer en Sicile…Bon, je m’égare là.

Pour revenir à notre Camilleri, il est traduit en français par Serge Quadruppani, l’homme iconolaste, écrivain, traducteur, éditeur, journaliste et expert en langues latines.Pour mettre en contexte l’écriture d’Andrea Camilleri, Serge Quadruppani est parti taquiner dans les langues du sud de la France nommées pudiquement régionales comme pour mieux préserver le français de l’assaut des gueux qui parlent provençal ou occitan.

Depuis le premier roman et la découverte du commissaire Montalbano et son hilarante équipe, j’ai raflé tous les livres disponibles dans la bibliothèque du quartier et des autres coins de Montréal. Dieu merci, les bibliothèques foisonnent dans la ville. L’Excursion à Tindari, Le Voleur de goûter, Chien de faïence, La Peur de Montalbano, La Voix du violon et j’en passe sont autant de virées dans la Sicile où la naiveté des gens s’arrime à l’humour des uns et à la malice des autres.Et parfois, ça vire au rouge sang.

Ah, autre chose, le commissaire Montalbano est un grand amateur de plats mijotés avec amour.Il va de préférence dans des petits restaus de la ville choisis avec soin.Les chefs savent sa grande ”culinarité” ( un mot à la Camilleri!). Un peu comme on y va dans les gargottes de la rue Tanger ou à la pêcherie à Alger. Il t’ingurgite des moules, du merlan frit, de l’espadon afin de mieux savourer et faire fi de ses instants de solitude chez lui, face à la méditerranée. Montalbano fait honneur à la cuisine!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andrea_Camilleri

 

* Dahmane El-Harrachi (1926-1980) est un auteur-compositeur-interprète qui a grandement contribué à la promotion du chant populaire algérien et à celle de la Daridja, langue populaire avec l’Amazigh en Algérie et à l’ouest de l’Afrique du nord (Maroc et Tunisie). Rachid Taha a repris et largement diffusé sa célèbre chanson ”Ya Rayeh” (L’émigré).

DÉLAI
Je peux garder beaucoup de choses en dedans;
je ne dis rien jusqu’à ce que les eaux débordent
de leurs berges et passent par-dessus le barrage.

Ainsi j’ai été capable de retenir ce livre jusqu’à
la fin du XXème siècle.

***

LA PETITE CHANSON LA PLUS DOUCE
Vas ton chemin
j’irai ton chemin aussi

***

NOUS SERONS TOUS RETOUCHÉS
nous devenons
fragiles
et less gens
nous voient
nus
à qui il est interdit
denous voir
nus

***

C’est fini
le Nouvel Ordre Mondial
des rides et de la mauvaise haleine
Ça ne sera plus
comme c’était avant
que je te mange
les yeux fermés
espérant que tu te lèves pas
et t’en ailles
Ça va être autre chose
Quelque chose de pire
Quelque chose de plus niaiseux
Quelque chose comme ceci
mais en plus court

Leonard Cohen, Livre du constant désir (Traduction de Michel Garneau)
Éditions L’Hexagone, 2007 – Montréal.

http://www.ledevoir.com/2007/05/05/142205.html
http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?article=45433&section=10

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