Archive de Tag pour ‘almohade’.
Nouvelle improvisée et inachevée . C’était juste une sorte de digression, au gré de quelques inspirations erratiques du moment…à plusieurs plumes parfois avec les apports de Mariam et Zahra. Rédigée presque en conclave, dans un lointain forum…
Sinon, juste pour vous filer un tuyau: potassez un peu l’histoire médiévale nord-africaine. Ici, c’est un clin d’oeil, une oeillade, une ghemza, une salutacione à la dynastie almohade qui a rayonné sur cette contrée sublime. Et quelque peu – voire – négligée aujourd’hui par je ne sais plus comment les nommer. Bon, retour aux improvisations de cette pseudo novela. Juste en passant: j’aurai voulu vivre cette époque, vraiment. Malgré que le net n’existait pas encore (ben, voyons, le 13ème siècle!). Et c’est peut-être pour ça, tiens; maaaaarrre de l’ordi!Cette fois, je vous laisse parcourir ce texte, allez.
Midi. Enfin, midi et quelques. Lumière forte en ce jour béni. La terre, cette terre si noble, violée maintes fois, se rengorge de soleil. Se peut-il que ce soir, les portes de la ville s’ouvrir et accueillir ces hommes et femmes venus des hauteurs de la ville?
- On attend cet après-midi, pas davantage, dit Zenagui à ses camarades de l’expédition.
- Les portes doivent s’ouvrir, sinon on fait le siège, renchérit Himmou.
Tard dans l’après-midi, Zenagui passa en revue ses troupes sur la rive du Sabou. Sur ces terrains accidentés, les hommes et femmes des hauteurs de la ville trépignaient d’impatience:” La ville, la ville doit ouvrir ses portes!!”.Les rares habitants du coin virent s’avancer une cohorte disciplinée et furent saisis de crainte.
Portes closes, portes infranchissables pour d’aucuns. Le chef suprêmede la ville, un maire de surcroit, opposa un refus net aux nouveaux visiteurs:”Non, non, non, retournez chez vous!!!”.Un marchand de tableaux d’art contemporain osa contredire le maire:
- Monsieur le maire, la ville est pour tout le monde, tous les humains, vous faites de la discrimination!!”
- Barakat,toi!! Je te connais, je sais tes idées subversives!!Attention à toi, tu vas recevoir la visite de ma sécuritate!!
Sur la grande place, cette place fofolle qui recueillait parfois les lumières descendantes du crépuscule, les badauds attendaient les instructions du maire:
- Wachnou, ce soir on se fait pas notre halqa ya iibad Allah? s’indigna, fier et regard zaâma noir, un jeune homme enfoncé dans son burnous écarlate.
- Non, ce soir, ça va être notre fête, oui! rétorqua son compagnon, sarcastique, un oeil rivé sur une pin-up débarquée la veille de Numidie centrale.
Le trou découvert par le silencieux se mua brusquement en un chant contemporain prodigué par une voix caverneuse: Ya el ghafel / ma djebt chi khbar , lalalalala!!! Waaaw, un ténor en herbe! Du hash pur!
Le silencieux ferma les yeux, les ouvrit pour regarder longuement, et de biais s’il vous plait, le maire resté sans voix. Il esquissa un sourire puis, d’un geste ample, il ordonna aux gardiens d’ouvrir les portes:
- Ouvre-moi, ouvre-moi la porte
Io non ne posso proprio più
Se ci sei, aprimi la porta
Non sai come è stato laggiù
Des mois passèrent. Zenagui et son fidèle ami et néanmoins bras droit, dirige désormais la cité. Main de fer et main de velours. Il disait, dans ses litanies de minuit sur la grande place devant un auditoire nonchalant et arc-bouté aux promesses du nouveau pouvoir, il disait donc qu’il ”avait traversé des précipices avec ses compagnons d’infortune”. ”Aujourd’hui, martelait t- il, nous sommes à notre tour au sommet. Régnons sur cette cité, régnons comme ont régné d’autres, plus imbus et moins productifs!!”. La foule applaudissait, presque machinalement. Les habitudes séculaires sans doute.. Toute la foule? Non. Le silencieux demeurait fermé. À quoi pensait-il? À quels saints voulait-il se vouer?
- Des gens me traitent d’acrobate, poursuivait Zenagui, d’acrobate et de tricheur, Charmante manière d’interpréter les précipices que j’ai traversé sans le moindre balancier, sur un fil ”.
Le silencieux se glissa hors du champ des regards obtus des nouveaux tontons macoutes gérés par Himmou.
Ce soir, il doit la revoir. Revoir Atina, la belle Atina qui dit toujours qu’il était tel un oiseau sans pattes mais qu’il volait haut, très haut. Qu’un jour, il toucherait la lune pour mieux la décrocher pour elle…
N. avec les apports de M. et Z. 2006

