Archive de Tag pour ‘clameur’.

ombre1Et cet oiseau a beau clamer sa douleur aux cieux, aucun autre chant n’est venu apaiser ses tourments, son cri: ô vie injuste!! Il avait beau chercher ces ailes qui lui auraient donné un souffle de vie sereine, ne serait-ce que l’espace de quelques secondes juste le temps de vérifier que l’heure est à la continuité: rien, nothing, nada, walou.
Ce n’était pas simple. Tout n’était plus simple. Il voulait simplement venir pour revoir sa smala, son groupe, les escaliers des amoureux, la villa de jasmin en contrebas du quartier, l’échoppe du vieux qui avait fait Cayenne, l’horloge florale, les rescapés-es qui sont restés-es, ses restaus fétiches, le menteur du café, les bus qui parvenaient difficilement à escalader la côte du virage, la statuette du parc où il vécu son adolescence et tenu longuement la main de sa dulcinée qui devait partir le lendemain pour un pays lointain. Le lendemain, oui…
Il voulait simplement regarder de nouveau la ville vibrer autrement, cette ville écarlate qui l’avait assourdi de ses bruits incessants, inutiles mais qu’il acceptait toujours en dégustant une autre assiette de sardines arrosées de vinaigre. Ce goût de la méditerranée à nul autre pareil.

Le temps n’a pas repris son trône. Il avait brusquement perdu ses chants, au détour d’un fracas de tôle écrasée contre des rochers stoïques. Dedans, un être, normal, poète, sourire en biais qui revenait pour quelques jours de son lointain autre pays. Un transit. Désormais, il n y a plus que Le silence de ses mains qui parlent pour ne rien dire.
Exit les retrouvailles après vingt années de séparation, l’un quelque part, et l’autre dans un autre quelque part. Plus de retrouvailles dans leur premier quelque part intense, de ces clameurs qui sentent le jasmin et la terre rouge. De ces clameurs-complices qui doivent tout à un tout.

« Le ciel est par-dessus le toit
Si bleu, si calme… »

Tu peux clamer ce que tu veux, chardonneret. C’est le moment.

N.

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