Archive de Tag pour ‘lutte’.

a73.jpgIl fallait bien que ça se termine un jour, non ? Alors, maintenant ou plus tard, ici ou ailleurs, quelle importance, hein ?
De toute manière, dans un siècle je n’aurai plus été là. On a lutté tous. Ah, ça on a lutté mon gars. À battre le pavé, à raser les murs la nuit, guettant les moindres phares de ces voitures qui te donnent des sueurs froides. Aie, en se trimballant avec de la doc suspecte ; atteinte à la sûreté de l’État qu’ils disent ces incompétents, très compétents dans la bastonnade à dix contre un seul bougre. Comme d’habitude, ils sont lâches.
Ah, la lutte, yes. On a même fait semblant d’y croire parfois à des sottises. On a joué le jeu tant qu’on a pu, en bons petits bourges qui croyaient encore à des lueurs, des scintillements à l’horizon lointain, si lointain, purée. Notre Amérique qu’on disait en raillant un peu Jacques Brel qui chantait son Jeff à ramasser à la cuillère. On s’est bien battus, contre les autres, contre les archaïques qui veulent nous renvoyer à l’âge de pierre, contre soi-même, contre la nature, contre la pluie, contre la nuit, contre l’aube, contre les arbres, contre des idées, contre des amis. On se disait que le chardonneret avait besoin de calme pour chanter sa liberté séquestrée. Oui, mais il fallait pas mélanger des fois…
On a essayé de jouir comme des dieux. De rire un peu, du bout des dents, du bout de la rate. D’aimer. Ça oui, d’aimer…. Histoire de cristalliser l’infini.
Très bien, là, c’est râpé mon gus ; réglé, scié, pas de regrets. Maintenant, fermes les yeux, chasses les cours-métrages qui se ruent pour la curée finale, veulent te dévaster l’âme avant ton néant, te voir cramer, charogne de corps et d’esprit.
Voilà, rideau et enjoy mon vieux, vas vers cet horizon, enfin celui-là, au coin de la rue, tu vois. Tu vois? C’est ton Amérique.

N.

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