Archive de Tag pour ‘Nouh’.

Sous un froid presque givrant et une pluie fine, les voici allumant des chandelles, tandis que les femmes sont attroupées dans lamqam, autour du tombeau du wali. C’est El Hadra de Sidi-Amar.
Lui, il était venu assez tôt. Seul. Il ne savait plus à quel saint se vouer.Venu juste pour le jdib. Oh, il n’est pas khouni du tout. Il vient là, ne sachant plus ou aller. Alors, il demande aux étoiles de le parer de diamants et de rubis. Il aime porter des signes ostentatoires.Même que des fois ses bijoux tombent , il filent jusqu’à nous. Allez, un vœu : ”ô,faites que ma princesse descende ce soir me murmurer que mon chant serein lui a dessiné une planète que nul ne peut atteindre. Eux seuls possèdent le secret de tous les jardins suspendus de Babylone” :Qu’elle descende de ce ciel dont elle se pare. Son ciel est tout enfiévré aujourd’hui. Qu’elle vienne lui dire les secrets de ces bateaux qui partent loin, commandés par Sidna Nouh. Le capitaine Nouh, Noé. Plus rien ne peut l’atteindre, protégé par lawliya salihine et par Sidna Nouh : ”Nouweh ya nouwah !” ( Clames, ô toi le clameur).
Et puis son ciel se calme et caresse tout le monde de ses doux rayons … il s’illumine : ”Oh, que n’ai-je oublié ! Qu’ai-je donc oublié ! Oublié que le ciel souffle …” Parfois, juste pour nous murmurer sa fraîcheur. un souffle qui effleure les fleurs jusqu’à les incliner. Pauvres feuilles qui semblent si fragiles et qui tremblent…

Nari w qorhti
W mouti fourqatkoum
W lqakoum jenti w zahwi w hayati
Ach li bel hyat bdoun mahbetkoum
Berd-akoum nehtya w yezhaw nbayti
W rdhakoum hajti w somi w slati

Être séparé de vous, c’est mon enfer, ma blessure, mon trépas.
Être avec vous, c’est mon paradis, mon allégresse, ma vie.
Que vaut ma vie sans votre amour ?

 

Et puis il souffle plus fort encore . Comme s’il voulait nous arracher, nous transporter loin de tout en un soupir sans fin … Sidna Nouh veille si bien.

Puis plus rien …

On regarde au loin l’enfant qui rentre en transes. Jdib en l’honneur de Sidi-Amar. : ”Nouweh ya nouwah !!”. Clames tes chants lancinants, tes chants de promesses et de regards éperdus. Sidna Nouh, veilles sur nous.

N., 2003

Les vers sont extraits d’une qacida melhoun de Cheikh Mohamed Bensmail.

- Sidna Nouh : Noé

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