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Le temps. Les artistes le veulent suspendu jusqu’à nouvel ordre. Des poètes l’ont traqué jusqu’aux moindres des retranchements, jusqu’au mur :”Eh, toi! Oui, toi! Suspend ton vol, toi! Arrêtes de compter, on n’est pas forts en maths!”.
Le temps, The Time, El Tiempo, Der Zeit, Il Tempo, O Tempo… Chanté sous toutes les latitudes, sous toutes les formes; le temps qui fuit, qui te fuit, qui fait la belle; celui qui arbore l’étendard immuable du changement, le temps qui te met du blues parfois, celui qui te dit:”Oh, réveilles-toi mon vieux, la machine s’ébranle, elle part, elle ne reviendra plus”. Lounis Aït-Menguellet, un auteur-compositeur-interprète algérien chantait il y a longtemps ” Le temps passe, je le vois bien, et je sais qu’il ne reviendra pas.Ah, il a pris de mon âge…”; tandis que Amar Ezzahi, un chanteur particulier du chant chaâbi(populaire) déclamait doucement ”J’ai un coeur qui s’effiloche, qui ne veut plus retenir le temps d’un amour parti” quand Kamel Messaoudi égrenait sa chandelle le temps que sa flamme se meure à petit feu alors que Leonard Cohen susurre avec sa voix rocailleuse que le temps retient ses secrets d’alcôve, aussi abrupte que les instants de Cesaria Evora quand elle te cingle du Sodade en plein champs soul.Ou Robert Charlebois qui en fait des ”cauchemards, mauvais sort!” C’était après que Mister Robert Zimmerman alias le grandissime Bob Dylan nous ait révélé que les temps changent ya hbibi, cher ami! Times They Are Changing, tu peux continuer ton chemin. Vas, vas jouer à la bourse de Wall Street, vas. Là, dans cette arène de carnassiers, ça ne risque pas de changer. Les traders et autres dollaristes parvenus triompheront encore et toujours avec leurs malversations. Que les contribuables s’essaient à suspendre leur envol et le Dow Jones, tu verras qu’ils s’en moquent comme d’une dépêche de Reuters: (…) la volatilité persistait sur les places boursières: si la plupart des Bourses européennes étaient en légère progression en milieu d’après-midi, Wall Street ouvrait en revanche en baisse, le Dow Jones perdant 1,02% vers 13H40 GMT (…). Ils nous bouffent à toutes les sauces, tout le temps!
Euh, où en étais-je? Ah, oui, le temps, The Time. Même les journaux lui font la cour, vous remarquez. Dans tous les pays du monde, tu trouveras un baveux qui s’affuble du Times, du Temps, du Tiempo, du waqt…En voici, en voilà. Des news fraîches! Hein? Tes sardines? Ben, voici le journal Le Temps, tu peux envelopper, allez…Ici, les sardines les moins chères du marché, 2 pour 1, 2 pour 1!
Alors, le temps suspendu? Comme les jardins de Babylone? Hmm, on fait intervenir l’ONU en montant une coalition d’alliés hétéroclites pour le suspendre haut et court? Ils nous feront un remake du procès de Nuremberg, tiens. Ils en sont capables ces gens-là! Quand un général franquiste vociférait pendant la guerre civile espagnole ”Viva la muerte!”, il suspendait effectivement des vies. Kaput, zou, tu n’existes plus ! Nos comparses d’aujourd’hui, ils vont te fabriquer en un clin d’oeil un procès ubuesque du genre ”La planète Vs Le Temps”. Témoins à charge, l’indécrottable Elizabeth Taylor et le fou Kaddafi.
Non, décidemment, le temps dans ses envols est royalement Babylonien. Je ne vais certainement pas contredire Sinead O’Connor. Ni Rod Stewart qui peut clamer à la suite:
” À quoi bon servent les mots que je te dis?
Ils ne transmettent pas ce que je ressens dans mon coeur
Si tu pouvais plutôt entendre
Les choses que je n’ai jamais dites ” (Rod Stewart ”Time After Time”)
What good are words I say to you?
They can’t convey to you what’s in my heart
If you could hear instead
The things I’ve left unsaid
Time after time
I tell myself that I’m
So lucky to be loving you
So lucky to be
The one you run to see
In the evening, when the day is through
I only know what I know
The passing years will show
You’ve kept my love so young, so new
And time after time
You’ll hear me say that I’m
So lucky to be loving you
I only know what I know
The passing years will show
You’ve kept my love so young, so new
And time after time
You’ll hear me say that I’m
So lucky to be loving you
Lucky to be loving you
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À quoi bon servent les mots que je te dis?
Ils ne transmettent pas ce que je ressens dans mon coeur
Si tu pouvais plutôt entendre
Les choses que je n’ai jamais dites
Encore et encore
Je me dis que je suis
Si chanceux de t’aimer
Si chanceux d’être
Celui vers qui tu cours
Le soir, quand la journée est finie
Je sais seulement ce que je sais
Les années qui passent montreront
Que tu as gardé mon amour si jeune, si nouveau
Et encore et encore
Tu m’entendras dire que je suis
Si chanceux de t’aimer
Je sais seulement ce que je sais
Les années qui passent montreront
Que tu as gardé mon amour si jeune, si nouveau
Et encore et encore
Tu m’entendras dire que je suis
Si chanceux de t’aimer
Chanceux de t’aimer
(Rod Stewart ”Time After Time” et traduction)

